En 1830 on peut estimer à 2 400 000 ha la surface des terres labourables: 600 000ha en blé dur, 600 000ha en orge et 1 200 000ha en jachère paturée .Ainsi on pouvait espérer seulement 2 quintaux par an et par habitant de céréales, ce qui était juste nécessaire aux besoins.

En outre:

  • -les possibilités de stockage étaient très faibles annihilant les bonnes années

  • -le climat nord africain est capricieux avec des calamités météorologiques fréquentes (pluviosité souvent insuffisante, irrégulière et mal répartie- gelées printanières tardives - sirocco - sécheresse et échaudage en fin de végétation)

  • L’assolement biennal (céréales, jachères, patures) était souvent mis en échec par le régime pluviométrique

  • La récolte s’effectuait à la main, à la faucille ou à la sape indigène, ou par arrachage des céréales; le blé était coupé par poignées avec 30 à 35 cm seulement de paille.

  • Les chaumes sont hautes et les mauvaises herbes épineuses ne sont pas coupées

  • Pour la récolte un ouvrier exploite 1ha de céréales en 6 jours.

  • L’irrigation des cultures était réalisée par inondation par des petits barrages de dérivation, très rudimentaires mais en grand nombre

En 1962 l’agriculture algérienne était devenue remarquablement florissante pour un pays peu favorisé pour cette activité.

On peut constater sur les graphiques ci-contre que la proportion de surface mise en exploitation pour des cultures allochtones (fruitières, maraichères, industrielles et vigne) soit 4.6% a amené une part de production brute de 50% et en conséquence une part de développement de l’emploi de 52%.

La grande propriété de plus de 100 ha était répartie entre 8496 propriétaires indigènes pour 6587 propriétaires européens !

Ainsi l’Algérie était devenue le 4eme producteur viticole du monde et le premier exportateur d’agrumes.

Et tout ceci grâce aux nombreux travaux d’hydraulique réalisés . Ainsi une douzaine de grands barrages permettaient un stockage d’environ 800 Mm3 permettant d’envisager comme périmètre irrigué près de 200 000 ha.

Les moissons à Perrégaux